1975 - 1976

 

 

Photos et Récit Gérard Gillet

 

Récit de l'embarquement de Gérard GILLET second maître électricien d'armes sur l’aviso-escorteur Commandant Bourdais du 02/10/1975 au 13/05/1977

Embarquement à bord le 2 octobre 1975 au Port des Galets à la Réunion. J’arrive de France par avion, et à l’aéroport de Saint-Denis, je donne mon pull à mon grand copain Jean-Louis Seret, qui, lui, a froid car il arrive de Djibouti.

Le 11 octobre, appareillage pour les îles Kerguelen.

En route, le Bourdais est victime de deux avaries de barre réelles, de nuit et en pleine tempête de force 8.

Le 17 octobre, notre passager, un gendarme maritime est débarqué sur l’île d’Amsterdam, débarquement périlleux, vu l’état de la mer.

Le 20 octobre, le commandant essaie de mettre la barcasse à l’eau afin de vérifier l’îlot Saint-Paul qui est le haut du cône en partie effondré d’un ancien volcan.

Du 22 au 26 octobre, le Bourdais est soit au mouillage devant Port-aux-Français, soit en visite dans les fjords voisins à la recherche de bateaux de pêche soviétiques qui font de l’eau dans les glaciers. Pendant ces quatre jours d’escale, j’aurai l’occasion de descendre à terre pendant quatre heures afin de voir la base scientifique, le paysage, les animaux marins et les lapins à perte de vue…

Retour à la réunion du 1er au 11 novembre. Je visite l’île en voiture par la côte et la plaine des Câfres accompagné de Jean-Louis Seret et de deux amies réunionnaises.

Après une courte halte aux Comores (Dzaoudzi) le 15 novembre, nous faisons escale du 18 au 23 novembre à Mombasa au Kenya.

Nous rejoignons ensuite les Comores du 25 novembre au 19 décembre. Escale au mouillage devant Dzaoudzi entrecoupée de missions de police entre Mayotte et les trois autres îles devenues indépendantes. En fait, le seul bateau que nous intercepterons est un voilier français mené par deux anciens marins du Bourdais…

Le 21 novembre, passage de la Ligne et baptême de rigueur puis arrivée à Djibouti le 24 décembre au matin. Le réveillon de Noël se fera le soir même sur la plage arrière.

Du 24 décembre 1975 au 17 janvier 1976, le Bourdais est en arrêt technique à Djibouti.

J’aurai l’occasion de voir Arta, Tadjoura et les îles Maskali et Moucha pendant cet arrêt forcé.

Suite au détournement d’un bus scolaire le 3 février, le Bourdais appareille de Djibouti du 4 au 15 février afin de servir de piquet radar près de la Somalie, d’où étaient originaires les ravisseurs du bus. Un tourelle de 100 mm était armée et prête à servir s’il l’avait fallu.

De retour à Djibouti, le Bourdais est en IPER du 8 mars au 30 avril. Il est vrai que de nombreux matériels ne fonctionnent plus : bouilleurs défaillants (douches rationnées), plusieurs groupes électrogènes, dont un sera changé sur place après découpe des ponts, frigo vivres (corvée de vivres sur la Saône) et frigo air (on dormait sur des lits Picot plage avant).

Du 7 au 14 mai 1976, arrêt à Mayotte.

Du 17 au 30 mai, nous sommes au bassin à Port-Louis, la capitale de l’île Maurice pour refaire la peinture de la coque. Pendant quelques jours, la sortie du bassin a été retardée par une grève des peintres. Ce qui fait que le 30 mai, la majeure partie de l’équipage s’est retrouvée à courir sur la plage arrière afin d’essayer de faire rouler le bâtiment sur son ber, pour pouvoir sortir de la forme de radoub.

Le 31 mai, brève escale à la Réunion avant de repartir vers les Comores où nous restons du 4 au 23 juin.

Du 26 au 29 juin, escale à Port-Victoria de Mahé des Seychelles pour les fêtes de l’indépendance du pays avec l’aviso-escorteur Commandant Bory.

Du 29 juin au 5 juillet, au mouillage devant l’île Praslin. Débarquement sur une plage de l’île afin de visiter la vallée de Mai et ses célèbres cocos-fesses.

Du 9 au 14 juillet, escale à La Réunion.

Le 14 juillet, tirs aux canons de salut devant Saint-Denis afin de célébrer la fête nationale puis route vers les Comores.

Du 18 juillet au 4 août, nous sommes au mouillage devant Dzaoudzi (Mayotte).

De retour au Port des Galets sur l’île de la Réunion du 7 au 26 août 1976.

Du 29 août au 13 septembre, nous sommes au mouillage devant Dzaoudzi (Mayotte).

Du 16 au 22 septembre 1976, nous faisons escale pour la deuxième fois à Mombasa (Kenya). Le premier jour débute par une grève des permissionnaires car le commandant voulait nous faire sortir en tenue militaire. Au bout de deux heures, nous obtenons de sortir en tenue civile. Pendant cette escale, j’ai l’autorisation de quitter le bord pendant trois jours avec deux autres officiers-mariniers afin  de faire un safari-photo au parc de Masaï-Mara.

Retour à Djibouti du 27 septembre au 5 novembre puis fait escale à Port-Victoria (îles Seychelles) pour la deuxième fois en quelques mois du 11 au 16 novembre 1976.

Après quelques jours de repos à Djibouti du 22 novembre au 11 décembre, le Bourdais fait relâche à Bombay en Inde du 18 au 22 décembre.

Nous sommes de retour à Djibouti pour la dernière fois de cette campagne du 28 décembre au 3 janvier 1977.

Ce jour-là nous appareillons pour revenir à Lorient. En mer Rouge, il faut remettre les pulls et les manteaux de mer car la température est très basse.

Le 8 janvier, après quelques heures au mouillage devant Suez, nous embouquons le canal du même nom, qui vient d’être récemment réouvert. Les rives du canal sont encore jonchées de cadavres de chars et de camions égyptiens.

Quelques jours plus tard, au large de la Lybie, le commandant du Bourdais fait « défiler » celui-ci entre deux lignes de bâtiments de guerre soviétiques au mouillage sur un haut-fond. Le commandant fait demander par phonie s’il est possible d’échanger du champagne par de la vodka. Pas de réponse des soviétiques…

Du 13 au 16 janvier, le Bourdais fait une dernière escale avant la France, à Palerme en Sicile.

Visite de la cathédrale de Monreale et des catacombes.

Avant d’arriver au détroit de Gibraltar, le Bourdais est dérouté vers le banc du Chella (sud d’Almería en Espagne). Le commandant surprend de nuit un bâtiment soviétique au mouillage avec son projecteur d’attaque.

Le samedi 22 janvier, le Bourdais mouille devant Port-Lay, situé sur l’île de Groix, et personne n’est autorisé à descendre sur l’île.

Le dimanche 23 janvier à 9 heures du matin, le Bourdais accoste au quai des TCD, rive gauche du Scorff dans l’arsenal de Lorient.

Le grand carénage commence officiellement le 1er février 1977.

Après avoir effectué le débarquement de nombreux matériels d’artillerie, je débarque définitivement de ce fier bâtiment le 13 mai 1977.

Je ne remonterai par la suite qu’une seule fois sur le Bourdais. C’était en décembre 1985 à Djeddah en Arabie Saoudite, où je travaillais alors.

A l’occasion d’un cocktail sur la Jeanne d’Arc, j’ai voulu faire voir le Bourdais à ma femme.

Nous avons été les seuls français invités à monter à bord par des seconds-maîtres qui nous ont offert des rafraîchissements. Encore merci à eux.

J’ai passé 589  jours sur le Bourdais avec son lot de joies et de peines. J’ai fait de merveilleuses escales et j’ai vu des choses que je ne reverrai jamais. Et le Bourdais restera à jamais le meilleur des bâtiments de la Marine Nationale.

 

                                                                    © Gérard Gillet

 

 

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